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 FICHE TESTUDO GRAECA 1/2 - Première partie

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Elise



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Localisation: PACA
Date d'inscription: 10/06/2006

MessageSujet: FICHE TESTUDO GRAECA 1/2 - Première partie   Jeu 28 Sep 2006 - 11:15


TESTUDO GRAECA OU TORTUE GRECQUE OU MAURESQUE



TAXINOMIE ET AIRE DE REPARTITION

Qu’appelle-t-on « tortue grecque » ?

C’est une tortue méditerranéenne, qui avec la tortue d’hermann (Eurotestudo hermanni) fait partie des tortues les plus communément détenues par les particuliers sous la dénomination globale de « tortue de jardin » trop souvent en toute ignorance de leur origine.

En fait, il n’est pas chose aisée de définir cette espèce car elle englobe une grande variété de taxons.

La classification de Testudo graeca a fait l’objet d’interprétations très diverses, controversées et évolutives qui d’ailleurs sont toujours en cours actuellement.

Elle a été découverte en 1758 par Linnaeus , qui lui a donné son nom de Testudo graeca, auquel correspond son nom vernaculaire de tortue grecque ou mauresque. Cette dénomination de tortue grecque, qui n’a rien à voir avec son origine, avait été suggérée à Linné par les dessins de ses écailles marginales qui lui rappelaient une frise grecque. Par cette appellation Linné désignait l’ensemble des tortues méditerranéennes qu’il considérait comme une seule espèce.

En fait, il s’avère aujourd’hui et après deux siècles d’études taxonomiques que la tortue grecque n’est pas un seul groupe de tortues mais est constituée d’une multitude de taxons différents présentant cependant des caractéristiques morphologiques communes.

Il y a peu de temps encore, on incluait dans le groupe Testudo graeca, le sous-groupe Testudo marginata et Testudo ibera. Cependant les dernières publications de Van der Kuyl et al., en date d'Avril 2005, ont établi que Testudo graeca et Testudo ibera sont génétiquement différentes donc pouvant être considérées comme espèces à part entière.

De même deux sous-groupes de graeca se sont vues classifiées au rang d’espèces du fait de différences morphologiques au niveau osseux, ce sont Testudo kleinmanni, qui regroupent T. kleinmanni et T. werneri, et Testudo withei.

A l'heure actuelle 4 sous-espèces seraient reconnues de manière officielle, mais beaucoup d'autres seraient proposées de manière non-officielle.

Pour plus de détails, concernant la taxinomie, voir le site

http://www.reptile-database.org/

qui contient la collection complète de toute la taxinomie des TG actualisée en 2005.

http://srs.embl-heidelberg.de:8000/srs5bin/cgi-bin/wgetz?-e+[REPTILIA-Species:'Testudo_SP_graeca']

et également le magazine Manouria (numéro spécial année 7 (22) 2004, dans lequel à été réalisée une étude sur Testudo graeca et la nomenclature.




REPARTITION

Elles se répartissent du sud de l’Espagne (y compris les Iles Baléares) à l’Afrique du Nord (Maroc, Algérie, Tunisie, Libye et nord de l’Egypte) mais aussi en Sardaigne, Albanie, Grèce, Turquie, une partie de la Roumanie, au Moyen Orient et en Iran, Irak ainsi que dans le Caucase russe.

En raison de cette large répartition géographique, on les trouve dans des milieux et des climats extrêmement variés, allant du niveau de la mer, dans les oueds, oasis d’Afrique du Nord, aux hauts plateaux de la Turquie et de l’Iran, jusqu’à 2000 m d’altitude parfois. Ceci explique les variations de formes, taille et couleur que l'on peut noter dans les différentes populations.


CARACTERISTIQUES MORPHOLOGIQUES COMMUNES DU GROUPE T.GRAECA



- écaille supracaudale non-divisée (à quelques rares exceptions près)




- un ergot derrière chaque cuisse (excepté chez t. graeca soussensis)
- queue assez courte sans éperon corné au bout




- plastron légèrement mobile dans sa partie arrière (à la jonction des plaques abdominales et fémorales)




- La première vertébrale a des bords plutôt arrondis (contrairement à celle de Testudo ibera) à quelques exceptions près dont la nabeulensis



- pour ce qui concerne la taille et la coloration de la carapace , il est difficile d’établir une constante compte-tenu de la grande diversité de taxons plus ou moins différents les uns des autres.

Nous pourrons tout de même prendre pour base de référence, la sous-espèce nominale Testudo graeca graeca, relativement répandue en France, et qui correspond au spécimen décrit par Linné et originaire du fort de Santa Cruz à Oran (Algérie).

DESCRIPTION DE TESTUDO GRAECA GRAECA

- Sa carapace bombée, en forme de dôme, peut varier d’une coloration beige/jaune pâle au vert olive ou au brun, les écailles sont bordées de sombre et présentent un point noir au centre. Cependant selon leur lieu géographique d’habitat, ces tortues peuvent être de couleur différentes, plus claires ou plus foncées avec plus ou moins de tâches foncées, en fonction de l’altitude par exemple.

- Les écailles marginales présentent en bordure verticale des triangles sombres , sommet vers le haut.
- Le plastron présente généralement des tâches noires dites en « coup de pinceau »
- La tête est brun foncée, voire noire, et porte des tâches jaune clair sur le dessus et les côtés
- La coloration de la peau varie du jaune-orangé au marron foncé voire noir.,
- La taille peut aller de 15 à 25 cm à l’âge adulte, la femelle étant plus grosse que le mâle.



Photos d’une jeune femelle









Photos d'un jeune mâle identifié comme graeca graeca mais dont on remarque la coloration de la carapace et de la peau plus vert olive que chez la femelle, indiquant certainement une provenance différente








DIMORPHISME SEXUEL

Les T.graeca sont assez facilement sexables :

- La femelle est sensiblement plus grosse que le mâle,
- Le plastron est plat voire convexe chez la femelle alors qu’il est concave chez le mâle,
- Les marginales postérieures du mâle forment souvent une sorte de jupe, mais pas chez la femelle
- L’écaille supra-caudale est plate chez la femelle, convexe chez le mâle,
- La queue est plus grosse et plus grande chez le mâle,
- L’angle formé par les plaques anales est plus ouvert chez le mâle,
- les plaques anales de la femelle sont plus longues que celles du mâle,
- Le cloaque est positionné plus bas chez la femelle que chez le mâle


Photos d'un couple de T.graeca marokkensis illustrant ces différences





Sur cette photo on remarque que la femelle porte des "découpes" au niveau des plaques anales, et également sur les marginales, découpes dont l'origine de m'est pas connue mais qui suggèrent que cette tortue a pu être bien malmenée dans une vie antérieure.




BIOTOPE


• Le biotope dans lequel ces tortues évoluent est principalement composé de maquis, garrigues, forêts méditerranéennes, forêts de chênes verts, plaines sableuses et caillouteuses,régions côtières et sub-côtières, dunes, lisières de cultures et oliveraies, toutes zones très arides et chaudes et relativement pauvres en végétation.

Pour plus de détails, voir aussi le lien suivant :
http://tortues-actions.naturalforum.net/viewtopic.forum?t=565


MAINTENANCE

Sachant que selon leur lieu d’origine, le plus souvent le Maghreb, elles peuvent peupler des espaces extrêmement diversifiés et au climat très différent , que ce soit les plaines de basse et moyenne altitude du moyen Atlas marocain ou que les forêts de l’Atlas à une altitude pouvant atteindre 1500 m ,ou la bordure du Sahara au sud, mais aussi le sud de l’Espagne, les Baléares etc…, il sera d’autant plus difficile de donner des recommandations globales quant à la manière de les maintenir.

Il faudra cependant garder à l’esprit que ces tortues dans leur ensemble doivent être préservées d’une trop grande humidité et surtout si des températures basses s’ajoutent à cette humidité, car elles développent très facilement des rhinites contagieuses et bronchites chroniques en cas de coup de froid.

ENCLOS

Il conviendra donc de maintenir ces tortues dans des enclos pauvres en végétation, caillouteux, secs, ensoleillés et protégés du vent. Quelques plantes et buissons de type méditerranéens pourront l’agrémenter, tels cistes, romarins, thyms, arbousiers, figuiers de barbarie, agaves, etc…
Dans les régions du nord de la France il est conseillé d’ajouter une serre avec accès direct à l’enclos, de manière à permettre à la tortue de rester active et de se nourrir pendant les journées fraîches et ceci principalement aux inter-saisons.


Exemples d'enclos méditerranéens







ABRI

L’abri, pouvant être en bois ou maçonné, doit être bien isolé et rempli de foin, protégé par une toiture parfaitement étanche et placé en un point haut de l’enclos si possible, arrière exposé au nord et idéalement adossé à un muret.


Exemples d'abris








NOURRITURE


T .graeca est quasi exclusivement herbivore. Elle se nourrit d’herbes diverses, telles que laiteron, pissenlit dont elle apprécie particulièrement les fleurs, plantain, liseron, mauve, trèfle blanc et rose. En captivité on peut ajouter diverses salades telles que mâche, chicorée frisée, endives, romaine, et aussi fanes de radis un peu de chou vert frisé, quelques fruits.
Il peut lui arriver de manger un insecte ou une bête morte mais c'est assez rare.

Voir aussi le lien concernant la nourriture des t.g. dans la nature :

http://tortues-actions.naturalforum.net/viewtopic.forum?t=1174


Précautions particulières importantes concernant la maintenance :

• Il est impératif de ne pas maintenir dans le même enclos des testudos graeca et d’autres espèces de tortues, sachant que T. graeca est sujette à la rhinite contagieuse et aux bronchites chroniques et souvent porteuse saine de l’herpes virus .

Ce principe 1 espèce 1 enclos est d’ailleurs valable, rappelons le, pour toutes les tortues.

Plus encore, si l’on maintient d’autres espèces et que les enclos sont voisins, il convient de séparer les enclos par une bordure solide, soit un rondins de bois, ou en parpaing, ou par un muret de pierres, afin que les tortues ne se « sentent pas le nez », ce qu’aiment beaucoup faire les graeca selon mes observations personnelles.

• D’autre part lors de toute introduction de nouvel individu, observer une période de quarantaine d’au moins 6 mois ou mieux encore de 12 mois.

• L’expérience montre que, lorsque l’on possède un petit groupe de t.g sain et parmi lequel règne un bon équilibre biologique, il est préférable de ne pas y adjoindre de nouvel arrivant, mais de loger tout nouvel adopté définitivement dans un enclos différent, car ce nouvel arrivant peut détruire l’équilibre sanitaire existant dans le groupe sain, et toutes les tortues peuvent se mettre alors à déclencher des rhinites à répétition.

L’idéal pour l’élevage des T. Graeca serait de faire vivre 1 tortue par enclos, mais cela devient problèmatique par rapport à l’espace nécessaire donc pas réalisable pour tout un chacun.

• En cas d’adoption de toute nouvelle tortue récemment importée (à éviter car c’est illégal et encourage le prélèvement et le trafic), pratiquer d’emblée une vermifugation, car les tortues importées sont généralement infestées de vers intestinaux qui peuvent provoquer des pathologies graves, telles que rhinites, diarrhées, bronchites etc…

Il faut également vérifier que la tortue ne soit pas infestée de tiques, ce qui est fréquent. Si tel est le cas il faut immédiatement en débarrasser la tortue.
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