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 Ile Maurice : le massacre des tortues marines se poursuit

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ingrid02

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MessageSujet: Ile Maurice : le massacre des tortues marines se poursuit   Jeu 25 Aoû 2011 - 22:12

Source : www.lemauricien.com
11/08/2011

Le massacre des tortues marines se poursuit



Un commerce de viande de tortue se poursuit impunément depuis quelque temps, et ce, même s’il est strictement interdit par les lois mauriciennes. Un constat accablant eu égard à la rareté de l’animal marin autour de Maurice et à son statut d’espèce protégée. Enquête.
Selon notre enquête, la viande de tortue est vendue à qui en veut dans certaines régions de Maurice, du Nord au Sud en passant par le centre. Un commerce qui, semble-t-il, est opéré par des braconniers individuels ou par petits groupes de 2 à 3 individus. La façon d’opérer est la même si l’on se base sur les témoignages. La pêche serait pratiquée principalement la nuit et, dans certains cas, au vu et au su des garde-côtes. Si les interpellations des braconniers sont plutôt rares, les traces retrouvées sur les plages ne laissent aucun doute. On citera comme exemple la tortue agonisante retrouvée sur la plage de Blue-Bay en 2009 et qui portait des traces d’une attaque au harpon.

Témoins
Les principaux témoins de cette barbarie demeurent les plongeurs. L’un deux, qui gagne sa vie du côté de Mahébourg, raconte : « Le braconnage de tortues marines est effectué par 2 ou 3 pêcheurs de la région. Je les ai vus quelques fois. Ils vendent la viande à un grand restaurant de la région qui doit certainement avoir des clients pour cela », s’insurge-t-il. Selon notre interlocuteur, les garde-côtes sont au courant du braconnage qui s’opère mais ferment les yeux. « Il y en a ici qui sont corrompus. Ce n’est pas logique que nous les voyons et eux non. À mon avis, ils doivent toucher leur part du butin après la vente ».

Rs 100 à Rs 200 la livre
Le prix de la viande de tortue marine oscillerait entre Rs 100 et Rs 200 la livre et elle se vendrait comme des petits pains auprès de quelques avisés. « Je vais régulièrement acheter de la viande de tortue dans un faubourg de Port-Louis », avoue Jean-Luc. Et d’ajouter : « Il y a quelques pêcheurs qui en vendent, ils me contactent quand ils en ont et je fais le déplacement pour en acheter. Ça vaut la peine, la chair est très savoureuse et comme c’est très rare, dès qu’il y en a j’en achète une bonne quantité. La dernière fois j’en ai acheté 11 livres », avance-t-il sans sourciller.

Croyances
Si la viande est très prisée, il ressort que d’autres parties sont également convoitées. Selon un pêcheur du Nord, les écailles, les testicules et même le sang de l’animal sont recherchés par certains connaisseurs. « Avec les écailles, on peut confectionner des bracelets ou des colliers mais je ne sais pas où et à qui ils vendent ces objets, car facilement reconnaissable ». Vassen Kauppaymuthoo, océanographe, souligne que certaines personnes soupçonnent les tortues de mer de posséder des vertus thérapeutiques. Propos que confirme un pêcheur du Nord. « En ce qu’il s’agit des testicules, beaucoup disent qu’ils peuvent guérir certaines maladies et certaines personnes aiment boire son sang, car c’est censé être tonifiant et allonger la vie ». D’autre part, ses œufs sont également prisés.

Vulnérabilité
Si la tortue de mer est autant chassée, c’est surtout à cause de sa vulnérabilité. Plutôt lente à se déplacer, elle devient une proie facile pour les braconniers qui peuvent non seulement la chasser avec des fusils sous-marins ou des “fouines” mais également l’attraper tout simplement par exemple s’ils sont à bord d’une pirogue. Outre le braconnage, d’autres éléments rendent la survie des tortues marines difficiles. « Une tortue grandit très lentement, sa maturité reproductive arrive assez tard dans le cycle de la vie de l’animal. Elle est sujette à beaucoup de menaces naturelles comme la prédation (requins et autres). Les nouveau-nés font également face à la prédation dès qu’ils éclosent, de la part d’oiseaux de mer notamment. De manière indirecte, la pollution menace sa survie. La tortue peut confondre un sac en plastique qui flotte dans l’eau avec une méduse et l’avaler. Celui-ci obstrue son système digestif et elle ne pourra plus manger et mourra ainsi de faim. Il ne faudrait pas qu’on pleure sur la tortue comme sur le dodo », affirme Jacqueline Sauzier de la Mauritius Marine Conservation Society.

Ponte
Il faut savoir qu’auparavant, certaines plages mauriciennes servaient de lieu de ponte pour les tortues marines. Mis à part la ponte miraculeuse de trois bébés tortue à Gris-Gris en 2008, aucune trace de ponte n’a été décelée en plus de 25 ans à Maurice alors que c’était le cas chaque année avant cela. La faute aux nombreuses constructions effectuées sur les plages mauriciennes. « À Baie aux Tortues, par exemple, il y avait la ponte chaque année mais avec la construction d’un hôtel à cet endroit, les tortues n’ont plus de place pour y assurer leur descendance », avance Vassen Kauppaymuthoo.

Irresponsabilité
Si le braconnage de tortues de mer perdure, c’est simplement à cause du manque de volonté de la part des autorités, selon Vassen Kauppaymuthoo. « On a l’impression qu’il y a un manque de contrôle de la part du ministère de la Pêche. Quand on voit un truc pas net et qu’on appelle le ministère, on nous dit de téléphoner aux garde-côtes et ces derniers nous renvoient au ministère. Par ailleurs, il y a certaines lacunes eu égard au nombre de garde-côtes. Au Fisheries Post de Blue-Bay, par exemple, il n’y a plus grand monde, ils sont à tous à Mahébourg alors qu’ils sont censés surveiller le parc marin. Il faut qu’il y ait plus d’hommes, il faudrait qu’il y ait une surveillance accrue. Il faut attaquer le problème de front ». L’océanographe soutient qu’il faudrait également plus de campagnes de sensibilisation ainsi que des mesures légales plus strictes contre les braconniers et tous ceux qui se rendent complices en achetant la viande de tortue.

La police refuse de commenter
La police, à travers le Police Press Office (PPO), n’a pas souhaité faire de commentaires sur le braconnage de tortues marines à Maurice. Elle soutient que le braconnage de tortues marines est sous la responsabilité du ministère de la Pêche. Ce qui laisse sous-entendre que ce n’est pas la responsabilité des garde-côtes (qui, rappelons-le, sont sous l’égide de la police) de lutter contre le braconnage, à notre sens. Rappelons que selon le Fisheries Act, il est interdit de pêcher la tortue de mer ainsi que de collecter les œufs de l’animal. Toute entorse est donc un acte criminel.

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